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Fanfan Salvini - Portraits de femmes

Galerie du Cardinal, rue Fesch à Ajaccio, Fanfan Salvini expose des huiles qui subliment le paysage ajaccien. Témoigne de la beauté des femmes. Et renoue avec le genre du portrait.

Fanfan Salvini, autodidacte, vit de, par et pour la peinture. Un acte d’amour. De l’art, de la vie. Un acte de courage aussi. Il est aujourd’hui le dernier peintre vivant d’Ajaccio. Sa palette comme son tempérament l’inscrivant dans la lignée des Bassoul, Frassati et autre Corbellini, bref ceux qui firent l’École ajaccienne au siècle dernier. Même désir d’Ajaccio, même communion avec Ajaccio (ce n’est sans doute pas un hasard si sa galerie se situe en rez-de-chaussée au 43 de la rue Fesch, face au Musée du même nom et à la Chapelle impériale, à deux pas de la maison natale de Tino Rossi). Même obsession, même architecture des couleurs (« Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude » disait Cézanne). Salvini se considère davantage comme un « artiste » que comme un « peintre ». À l’un ou à l’autre (qu’importe) on doit ces jaunes, ces bleus, ces bruns, qui constituent la base de sa palette. Et aussi cette confidence : « Le dessin s’affine mais la couleur je l’ai toujours eue en moi. »

Salvini est aussi et peut-être avant tout un portraitiste. L’art du portrait en peinture a décliné au milieu du XXe siècle, sans doute en raison de l’intérêt croissant pour l’abstraction et l’art non figuratif (encore que Matisse en simplifiant la ligne et les couleurs et plus encore Picasso et ses nombreux portraits cubistes ou même Modigliani, portraitiste spécialisé qui tendit à prouver qu’une déformation arbitraire n’entamait pas la ressemblance ont poussé loin les limites du genre tel qu’il resplendissait pendant les périodes baroque et rococo aux XVIIe et XVIIIe siècles…). Il semble connaître un renouveau. Édouard Pommier, dans sa « théorie du Portrait » paru chez Gallimard, nous dit : « La recherche d’une identité, d’une individualité, d’une sauvegarde de l’image-souvenir persiste, la lutte contre le temps et donc contre la mort reste d’actualité tout en réactualisant le genre et la relation utilisateur-consommateur-spectateur avec l’œuvre.

Si pour Pierre Vellutini, dernier portraitiste répertorié en Corse, le portrait demeurait essentiellement un prétexte à l’élaboration d’une œuvre plus générale, Fanfan Salvini semble lui vouloir conjurer au travers de son art la durée éphémère de la vie. Salvini aime les gens. Et probablement plus encore la beauté qu’il sait saisir en eux. Mais cela ne revient-il pas au même ?

La beauté d’une femme (Salvini pour l’essentiel peint des femmes, parfois des enfants) ainsi saisie, à l’égal de n’importe quel objet, permet donc à l’artiste d’exprimer ses aspirations et ses perceptions. Or, à l’évidence, ce qui intéresse Salvini, c’est en quelque sorte la physionomie des émotions. Dès lors, la forme se dissout : le spectateur interroge un portrait de Salvini dans le temps et le mouvement. Si les portraits de Fanfan Salvini pallient à la fois l’absence et l’oubli, comme le veut le genre, ils visent à sonder l’indicible. Fanfan Salvini : « Ce n’est pas une peinture d’éclat mais une peinture sincère, intimiste. »

Source: Corsica

 

Résidence des Jardins de l'Empereur à Ajaccio
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